Sauter

Les types de préparations en herboristerie

Les types de préparations en herboristerie

L’herboristerie offre la possibilité de créer des produits à partir de plantes médicinales en utilisant des instruments simples, facilement disponibles dans une cuisine. C’est une pratique qui se veut accessible à tous. Mais du stade de la plante fraîche à celui du produit prêt à utiliser, les options pour préparer les plantes sont vraiment très nombreuses !
Si vous débutez en herboristerie, il est possible que vous soyez désorienté par le vocabulaire spécifique utilisé pour décrire les différentes préparations. Vous vous demandez peut-être quelle est la différence entre une tisane et une infusion? Ou encore, qu’est-ce qu’une teinture, un oxymel et un liniment ? 


Dans cet article, je vais vous expliquer en quelques mots les types de préparations les plus courantes en herboristerie.

Mon nom est Mélanie Ricard-Quirion, herboriste thérapeute accréditée et spécialisée en phytochimie. Je suis diplômée de l’Université de Sherbrooke en chimie et j’ai travaillé pendant 12 ans dans les laboratoires pharmaceutiques avant que l’herboristerie croise mon chemin. C’est à l’Herbothèque que j’ai complété mon parcours, pour ensuite y travailler pendant 5 ans. Je suis passionnée par tout ce qui touche la préparation des plantes. Actuellement, je me consacre à mon blogue HerbaSimple , où je partage les secrets des plantes pour que vous puissiez les utiliser à leur plein potentiel !

Herbes séchées, poudre et capsules
Le séchage des plantes médicinales est la technique la plus répandue pour la conservation de nos trésors. Une bonne technique de séchage s’effectue à une température juste assez élevée pour retirer toute l’humidité, mais suffisamment basse pour ne pas détruire les principes actifs les plus fragiles. On reconnaît les plantes qui ont été bien séchées à leur couleur vibrante et à leur saveur !


Les plantes séchées peuvent être réduites en poudre à l’aide d’un mixeur ou d’un moulin à café, permettant leur incorporation dans l’alimentation ou la préparation de divers produits, tels que les capsules, les pastilles ou les cataplasmes. Les poudres sont particulièrement sensibles à l’oxydation, il est donc recommandé de moudre les plantes juste avant de les utiliser. 


Les capsules sont constituées de plantes moulues dans une capsule de gélatine. Mais, la plupart des produits de phytothérapie ajoutent aussi des ingrédients non médicinaux pour faciliter l’encapsulation. Si vous le désirez, vous pouvez les préparer vous-même, il suffit de vous procurer des capsules vides et d’y insérer la poudre à l’aide d’un encapsuleur manuel. 


Thés, tisanes, infusion et décoction
Tout d’abord, le thé se distingue de la tisane par les plantes qu’il contient. Un thé contient nécessairement des feuilles provenant du théier (Camelia sinensis), tandis que la tisane n’en contient pas. Remarque : le terme français « tisane » est l’équivalent du terme anglais « herbal tea ».


L’infusion, quant à elle, est une technique de préparation, tout comme la décoction.
Pour une infusion, on laisse tremper la plante dans l’eau chaude pendant un certain temps. Cette méthode convient aux parties les plus tendres de la plante, comme les feuilles et les fleurs. Par exemple : les fleurs de camomille et les feuilles de menthe.


Et il existe une multitude de variations sur le thème de l’infusion. On peut placer la plante dans l’eau froide et augmenter la température graduellement, c’est la technique idéale. Il y a aussi la méthode rapide qui consiste à verser de l’eau bouillante directement sur les plantes. On infuse généralement entre 5 et 15 minutes, mais certaines plantes nutritives peuvent être infusées toute une nuit.


En revanche, pour une décoction, on ajoutera une chaleur supplémentaire en faisant bouillir la plante dans l’eau. Cette méthode est nécessaire lorsqu’on souhaite préparer des parties plus coriaces, telles que les racines, les écorces, les fruits ou les graines. Par exemple, les racines de pissenlit et les champignons chaga. 
Pour savoir ce que contient le pissenlit et l’utiliser à son plein potentiel, lisez mon article sur la Phytochimie et l’extraction du pissenlit.


Sirops
Les sirops sont généralement préparés à partir de décoctions concentrées, communément appelées réduits ou réductions. Ils peuvent également renfermer des plantes médicinales infusées, ainsi que des extraits de plantes sous forme de teintures, de vinaigres ou de glycérés. La préparation est filtrée et on y ajoute du miel, de la glycérine ou de l’alcool, comme agent de conservation naturel. 


Teintures, glycérés et vinaigres
Les plantes médicinales peuvent également être extraites dans des solvants, tels que l’alcool, la glycérine ou le vinaigre. La technique la plus simple consiste à laisser macérer la plante dans le solvant pendant plusieurs semaines, pour ensuite retirer les plantes par filtration. 


Les teintures sont des extraits de plantes dans l’alcool. Par « alcool », on veut dire un spiritueux comme l’eau-de-vie, la vodka ou le gin qui contient de l’éthanol destiné à la consommation humaine. Remarque : parfois, on utilise le terme « teinture mère » pour désigner les teintures. C’est un concept emprunté à l’homéopathie qui désigne le même type de préparation.


Les glycérés sont des extraits de plantes contenus dans un mélange d’eau et de glycérine. Je précise bien le terme « contenus » parce que les plantes peuvent avoir été extraites dans un autre solvant avant d’être redissoutes dans la glycérine. Cette pratique est assez courante parmi les produits de phytothérapie offerts en magasin, car la glycérine est moins efficace que l’alcool pour extraire les principes actifs des plantes. Cela étant dit, il est également possible de préparer des extraits de plantes directement dans la glycérine, et ils seront également appelés des glycérés.


Et comme vous l’aurez deviné, les vinaigres sont des extraits de plantes dans le vinaigre. Pour les préparations destinées à être prises en interne, on utilise généralement un vinaigre non pasteurisé de fruits, comme le vinaigre de cidre de pommes. Les vinaigres sont des préparations combinant les propriétés du vinaigre et celles de la plante médicinale. 


Vous aimeriez en savoir plus ? Lisez mon article Comment extraire les plantes médicinales 


Pastilles, miels et oxymels
On peut mélanger de la poudre de plante avec juste assez de miel pour façonner le mélange en pastilles. 


Il est également possible de macérer des plantes médicinales dans du miel pour produire des miels d’herbes. Ensuite, on retire les plantes du miel en filtrant, ou bien on consomme les deux ensemble. Remarque : le miel peut contenir des spores de C. botulinum, la bactérie responsable du botulisme, il est donc nécessaire de respecter certains paramètres lors de la préparation de miels d’herbes.


Un oxymel est un mélange de vinaigre et de miel, et il existe plusieurs manières de procéder. Une méthode courante consiste à extraire d’abord les plantes dans l’eau, de la même manière que pour un sirop. On filtre le mélange, puis on y ajoute du vinaigre et du miel pour la conservation. Une autre technique consiste à préparer un vinaigre de plantes, puis à y ajouter du miel ou un miel d’herbe.


Huiles, onguents, baumes et suppositoires
Les huiles macérées aux herbes sont des préparations de choix pour les soins de la peau. La technique de préparation consiste à macérer la plante médicinale dans un corps gras pendant une certaine période de temps, puis à filtrer le tout pour obtenir une huile infusée, également appelée macérât huileux. L’huile d’olive est la plus utilisée, mais on peut choisir le type d’huile qui nous convient le mieux, tel que l’huile de tournesol, l’huile de coco, etc.


Plus la température du corps gras est élevée, plus le temps de préparation sera court. Cependant, il faut prendre garde de ne pas surchauffer la plante ni le corps gras si on veut produire une huile de qualité. Comme source de chaleur, on peut utiliser une yaourtière, une mijoteuse, un bain-marie ou tout endroit tempéré. Il existe toutes sortes de techniques et astuces pour produire de belles huiles de macération ! Remarque : l’huile et l’humidité ne font pas bon ménage, il y a donc certaines conditions à respecter pour éviter la croissance de microorganismes.


Pour préparer un onguent de plantes médicinales, on mélange de la cire d’abeille ou une cire végétale avec d’autres corps gras. Généralement, les macérats huileux en sont l’ingrédient principal, mais on peut y ajouter des huiles essentielles et des poudres de plantes pour en bonifier les effets. La texture d’un onguent est semi-solide.
Les baumes contiennent plus de cire que les onguents, ils ont une texture plus dure.
On peut également confectionner des suppositoires avec un mélange de macérât huileux, de poudre de plantes et d’huiles essentielles. Dans ce cas, on utilisera une base de beurre de cacao qui fond à la température appropriée pour se dissoudre comme il se doit !


Crèmes
Les crèmes médicinales sont composées d’une partie huileuse, d’une partie aqueuse et d’un émulsifiant. La partie huileuse est généralement constituée de macérats huileux auxquels on ajoute nos meilleures huiles. La partie aqueuse peut être un hydrolat, une eau florale, une infusion ou une décoction. On peut ensuite incorporer toutes sortes d’ingrédients actifs, la création des crèmes étant tout un art !


Compresse, cataplasme et liniment
Une compresse consiste à appliquer sur la peau un tissu imbibé de liquide. Le liquide peut être une infusion, une décoction, une teinture diluée avec de l’eau, un macérât huileux, etc. On peut faire des compresses chaudes ou des compresses froides. Par exemple, on peut appliquer une compresse de tisane de camomille sur les yeux après une longue séance à l’ordinateur.


Un cataplasme est simplement une application d’ingrédients thérapeutiques sur la peau. La plupart du temps, on place un mélange d’ingrédients pâteux entre deux tissus. Mais parfois, les ingrédients sont appliqués directement sur la peau, comme dans le cas du cataplasme de feuilles de plantain fraîches pour soulager les piqûres d’insectes. On peut réaliser des cataplasmes avec des plantes séchées, des macérats huileux, de l’argile et toutes sortes d’ingrédients mélangés. Le cataplasme à l’huile de ricin est une option classique, mais il existe de nombreuses variations de cataplasmes que l’on peut créer. On peut appliquer de chaleur ou non, selon le type de problématique à résoudre.
Pour mieux connaître le plantain, je vous suggère 10 utilisations médicinales du plantain 


Un liniment est un liquide qui est frictionné sur la peau, principalement pour soulager la douleur. Il peut s’agir d’un mélange de macérât huileux avec une teinture ou un vinaigre de plantes, plusieurs types de préparations liquides pourraient être utilisées.
Cet article a suscité votre intérêt ? Inscrivez-vous à mon infolettre afin de recevoir mes plus récents articles et mon Ebook gratuit ! 

 

Article rédigé par :
Mélanie Ricard-Quirion, phytochimiste et herboriste thérapeute accréditée
Fondatrice de HerbasimpleDécouvrez les secrets des plantes médicinales pour les utiliser à leur plein potentiel !